100 cafés avec 100 inconnus : ce que j'ai appris et comment cela a changé ma vie

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Je vais commencer cette newsletter par vous révéler un petit mensonge : Je suis à 90 cafés et non 100. Je tenais à faire tous les cafés “en vrai”, mais la situation mondiale n’aidant pas, je suis passé en format “Zoom” pour arriver au chiffre 100. Il me reste donc encore 10 cafés à faire. Si cela vous tente, contactez moi sur Instagram > @maximebarbier

L’histoire derrière ce rêve commence le 31 octobre 2019 dans un restaurant parisien à Arts et Métiers. Si vous souhaitez lire l’histoire complète (et originale), elle est disponible sur mon blog (cliquez ici). Rassurez-vous, cette newsletter fait office de résumé même si cela risque d’être légèrement différent de l’histoire de base tellement l’eau a coulé sous les ponts depuis !

Pour ceux qui ne le savent pas encore (l’information est publique), j’ai du partir “précipitamment” (en gros du jour au lendemain) de ma dernière société. Cela aurait pu faire 10 ans d’aventure (à 5 mois près), mais TF1 en a décidé autrement. Mais aussi bizarrement que cela puisse paraitre, je pense que c’est l’épreuve dont j’avais besoin !

2020, la plus belle année de toute ma vie

Cette énorme claque était (peut être) ce dont j’avais besoin pour ouvrir les yeux et réaliser que j’étais enfermé dans un cage invisible. Ma vie se résume à travailler dur, dépenser beaucoup d’argent dans des futilités et rester à l’intérieur du périphe parisien.

Je n’en reviens pas du chemin parcouru depuis 12 mois. Tout cela je le dois à ma bucket list qui m’a emmené dans des aventures incroyables (le tour de la Nouvelle-Zélande en vélo) et m’a fait sortir de ma zone de confort comme jamais (l’ascension du Mont-blanc).

De “1 café avec un inconnu” à “100 cafés avec 100 inconnus”

Quel rapport avec les cafés ? Et bien , figurez-vous, que l’idée de créer ma bucket list est née à la suite de ses cafés avec des inconnus. Et même mieux, ma nouvelle startup “TimeLeft” est aussi née à la suite de ces cafés. Je ne peux donc que remercier infiniment Raphaël Thobie, mon premier inconnu !

Comme je vous le disait, l’histoire commence le 31 octobre 2019 à la suite d’un message sur Facebook envoyé par Raphaël (un inconnu à l’époque) à la suite de la mise à jour de mon “emploi” Linkedin :

Je me souviens encore de ce moment. Je vais copier-coller son nom pour aller voir son profil linkedin. Une vieille habitude d’un entrepreneur “trop busy” pour “perdre du temps” avec des personnes qui ne lui apporteront rien. Sauf que ce jour là, je suis seul chez moi, sans rendez-vous, sans problème à gérer, sans employé, sans société et surtout sans rien de prévu de toute la semaine. Le grand vide.

Je me suis dit à ce moment là : « Donc là, Maxime, tu es en train de te demander si cela vaut le coup ? Sérieusement ? Tu n’as plus RIEN à faire de tes journées en ce moment. Fais moi le plaisir d’accepter cette invitation et n’attends rien en retour s’il te plait. »

Deux heures plus tard, je suis en train de déjeuner avec un inconnu au café des Arts et Métiers sans rien attendre en retour. On parlera de tout et de rien. En clair, un super moment qui « fait du bien ».

Emporté par mon élan, j’ai fait une vidéo à la fin du déjeuner où je propose, non pas à 10 personnes, mais à 100 personnes de prendre un café avec moi. Je vais recevoir environ 200 messages sur Linkedin et Facebook dans les 48 heures qui vont suivre. Tout comme lors de la même annonce un an plus tard dans un groupe Facebook des français à Lisbonne.

Le plus dur, c’est de poster un premier statut

Ce concept de “rencontrer des inconnus” plait beaucoup et les gens sont plus enclins à répondre à l’invitation que vous ne le pensez ! J’ai la chance d’être suivi par des milliers de personnes, je suis convaincu que quelque soit la taille de votre réseau, vous aurez toujours des personnes qui répondront présents.

Le plus dur, c’est de se lancer avec un premier statut. Mais surtout, restez vous même et montrer que vous n’attendez rien en retour. Il faut que la démarche reste “pure”. Si on s’aperçoit que vous le faites pour trouver un job ou vendre votre nouveau produit, alors cela cassera la dynamique d’entrée de jeu.


Ce que j’ai appris

1/ Mes fréquentations étaient homogènes

C’est à ce moment que j’ai réalisé que la majorité de mes rencontres depuis le début de MinuteBuzz était clairement homogènes. Soit des rendez-vous “pour faire du business”, soit des rendez-vous “avec des gens comme moi” (traduction : entrepreneur & digital).

Moi qui pensais à l’époque, que mon “cercle de fréquentation” était étendu, j’étais loin de réaliser que pas du tout. Soyons réaliste deux secondes, il faut avouer que nous sommes tous plus ou moins enfermés dans des bulles, comme celle du bureau ou celle de notre club de sport préféré. En clair, on pense rencontrer des gens “différents” mais ils ont souvent fait les mêmes études que nous, vécu dans les mêmes endroits que nous ou vécu les mêmes choses que nous.

Même mon expérience est biaisée en quelque sorte. Tous ces cafés, on fait suite à mes posts sur Linkedin ou Instragram. Il s’agit donc essentiellement de personnes ayant accès aux plateformes sociales et vivant dans les grandes villes (où je me trouvais). L’idéal serait de pousser l’expérience plus loin, en allant proposer à des inconnus en plein rue!

2/ Vous allez rencontrer des personnes ouvertes d’esprit !

C’est sûrement la chose la plus flagrante quand je repense à mes 90 cafés. En vrai, cela fait sens. Pour accepter un café avec un inconnu, il faut être un tant soit peu ouvert d’esprit.

J’ai pris des cafés avec des personnes de 18 à 65 ans avec une répartition équilibrée : 45% d’homme pour 55% de femmes. Certains savaient exactement ce dont ils voulaient parler avec moi, d’autres n’en avaient aucune idée. La grande majorité était un peu stressée à l’idée de prendre ce café mais ils sont tous arrivés avec le sourire.

Les sujets ont été extrêmement variés même si la discussion commencait toujours pareil : je leur demandais de se présenter en premier, puis je leur demandais si ils voulaient que je me présente en retour (certains me connaissait très bien grâce à mes post!) et enfin je leur demandais de quoi ils voulaient parler. La discussion dérivait ensuite tranquillement pendant 60/90 min

3/ Ne rien attendre en retour, mais s’attendre à tout

La meilleure partie de cette expérience est (pour moi) ce coté “ne rien n’attendre en retour”. Aller à un rendez-vous sans savoir qui vous allez rencontrer, sans savoir ce que vous allez dire et surtout sans ne rien attendre en retour, c’est tout simplement génial !

Mais il peut se passer plein de choses pendant ces cafés. Voici une liste non-exhaustive des choses que l’on m’a proposé ;

4/ Que les gens avaient oublié de rêver et moi le premier

On ne peut connecter les points en regardant le futur, on peut les connecter uniquement en regardant le passé. Lorsque je regarde les 12 derniers mois, je vois maintenant à quel point tout est lié. Mon départ précipité de MinuteBuzz a créé ce premier café avec un inconnu, qui a créé l’envie de faire ma bucket list, qui a donné Timeleft et surtout qui m’a donné l’année la plus incroyable de toute ma vie.

Ce fût au bout de 20/30 cafés que j’ai commencé à réaliser que nous étions nombreux à avoir oublié nos rêves. Et moi le premier. À la fin de chaque café, je demandais toujours ce que les personnes souhaitaient accomplir en 2020, ce qui les passionnaient dans la vie ou ce qu’ils rêvaient d’accomplir d’ici 5 ou 10 ans. Je sentais tout de suite que la question était problématique.

Le schéma était toujours le même : “je bosse et on verra ensuite. Peut être plus tard je réaliserai mon rêve, mais pas tout de suite, je dois d’abord faire ça ou attendre ça”.

Sauf que nous avons un temps limité sur cette terre et nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Une grande partie de nos rêves à 20 ou 30 ans, ne seront sûrement plus possible si nous attendons trop longtemps. Tout comme il est plus simple de partir à la conquête de ses rêves lorsqu’on est célibataire sans enfant et en bonne santé.

Un soir, après une 30ème café avec un inconnu, je me suis donc posé la question : “hey maxime, et toi, c’est quoi tes rêves ?”. J’ai commencé à écrire une dizaine d’expériences qui me passaient par la tête. J’ai trouvé l’exercice tellement stimulant que j’ai décidé de pousser jusqu’à 100 rêves.

Voyant que je manquais clairement d’inspiration, je suis allé sur Google voir ce que les autres faisaient. Je suis tombé sur cette vidéo, et c’est à ce moment là que tout à changé pour moi. J’ai décidé de tout quitter pour partir à la conquête de ma bucket list.

5/ Les gens sont fondamentalement bienveillants

En écrivant cette newsletter et en repassant tous ces cafés, je réalise que le monde n’est pas si mauvais qu’on veut nous le faire croire. Chaque personne possédait vraiment un bon fond et une belle énergie.

Cela peut paraitre cliché, mais lorsqu’on regarde nos flux d’actualité (TV ou social media), on a l’impression que le monde est en pleine décomposition. Mais si on regarde bien, avec attention, on se rend compte que tout va bien et que les gens sont fondamentalement bienveillants les uns envers les autres.

Le livre Factfulness m’a ouvert les yeux la dessus :

Yet here’s the paradox: the image of a dangerous world has never been broadcast more effectively than it is now, while the world has never been less violent and more safe.

Ou encore cet extrait de “Doughnut Economics” par Kate Raworth

Premièrement, au lieu d’être étroitement guidés par l’intérêt personnel, nous sommes des êtres sociaux, soucieux de réciprocité. Deuxièmement, nous avons des valeurs fluides au lieu de préférences fixes. Troisièmement, loin d’être isolés, nous sommes interdépendants. Quatrièmement, plutôt que de calculer, nous nous livrons à des approximations. Et cinquièmement, loin d’avoir la mainmise sur la nature, nous sommes profondément inscrits dans le réseau de la vie.”

Néanmoins, si nous prenons un peu de recul pour voir comment les gens se conduisent réellement, cette hypothèse commence à paraître bien légère. Nous nous intéressons à nous-même, mais aussi à autrui. Nous aidons des inconnus à porter leurs lourds bagages, nous nous tenons la porte les uns aux autres, nous partageons notre nourriture et notre boisson, nous envoyons de l’argent à des organisations caritatives, nous donnons notre sang, et même nos organes, à des individus que nous ne rencontrerons jamais.

L’Homo sapiens est l’espèce la plus coopérative de la planète, surpassant les fourmis, les hyènes et même le rat-taupe nu lorsqu’il s’agit de vivre aux côtés de ceux qui ne sont pas de notre famille immédiate.

Faire toutes ces rencontres fût un véritable bol d’air frais pour sortir de la morosité ambiante. C’est aussi un super outil pour ouvrir ses réflexions et découvrir de nouveaux horizons. Je vais continuer l’exercice sur l’année prochaine et je vous recommande vivement de faire pareil !

Un grand merci aux 90 personnes qui ont accepté d’échanger avec moi.

PS : je regrette de ne pas avoir pris un selfie avec chaque personne. C’est Thomas qui m’a soumis l’idée lors de mon 73ème café. Cela aurait été trop sympa d’avoir un petit album photo avec 100 selfies.

Donc si vous commencez le même challenge après la lecture de cette newsletter, n’hésitez pas à mettre cette bonne idée en place !


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  • “L'oisiveté n'est fatale qu'aux médiocres” - Albert Camus


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